Site fondé par Steve Lenoir en 2004 et administré jusqu’en 2018






Vous êtes ici : Accueil > Pôle numérique > Outils numériques > La tablette numérique. > Bilan tablettes rectorat FS-LL
Publié : 28 septembre 2014

Bilan tablettes rectorat FS-LL

Expérimentation « tablettes numériques en classe » en SPC

Réalisée par Frédéric Sabaté (enseignant de sciences physiques au collège Gérard Philipe du Havre) et Laurent Levasseur (enseignant de sciences physiques au collège Georges Cuvier de Fécamp).

La tablette en classe est un vrai "couteau suisse numérique". Elle permet de regrouper plusieurs outils (appareil photographique, ordinateur, mini caméra, dictaphone, ...) en un seul, rendant les liaisons entre ces différents appareils simples et rapides et permettant ainsi de se concentrer sur l’approfondissement des notions. Le support n’étant pas imposé au début de l’activité et pouvant même évoluer pendant, la créativité et l’autonomie des élèves sont développées. Les tablettes utilisent des applications qui correspondent chacune à une fonction. Elles utilisent le wifi pour accéder au web, communiquer entre elles et échanger des documents avec l’ordinateur du bureau de l’enseignant et le vidéo projecteur de la salle par exemple. La combinaison avec un E.N.T. (dont on espère le déploiement rapide) renforce encore l’intérêt de l’utilisation de l’outil informatique notamment dans les échanges de documents entre élèves et professeurs.

L’intégration des tablettes numériques dans nos séances s’est fait en tant qu’outil d’apprentissage. Beaucoup de nos élèves n’ont pas la chance d’utiliser des tablettes numériques chez eux, c’est alors l’occasion de donner à tous les mêmes chances de développer des compétences (indispensables) qui leur seront utiles dans leur parcours de formation et dans leur vie de citoyen.
Nous avons eu l’occasion d’utiliser des applications qui au départ ont été des outils professeurs mais qui se sont vite avérées de vrais outils pédagogiques pour les élèves. L’apport de tablettes a permis de dynamiser nos séances et d’augmenter l’interactivité entre le professeur et les élèves, et entre les élèves. En plus des possibilités d’un ordinateur, nous avons pu :

- transférer l’écran d’une tablette sur le vidéo projecteur ;
- capturer et annoter des photographies pour par exemple corriger le schéma d’un élève en direct avec la classe entière ;
- faire réaliser un compte rendu d’activités sous forme de document multimédia à partir des données (photographies, mesures, vidéos, enregistrements sonores, schémas, ...) obtenues par les élèves ;
- réaliser un enregistrement sonore, pour faire la synthèse de la séance par exemple ;
- procéder à des évaluations en direct (par exemple diagnostiques ou encore pour le suivi du socle commun) ;
- prendre des photos à travers l’objectif d’un microscope (SVT) ou d’une lunette astronomique ;
- prendre des notes avec photos ou vidéos lors de sorties sur le terrain.

Ces exemples ne sont pas exhaustifs mais ils permettent d’entrevoir les possibilités de situations d’apprentissage qui peuvent être imaginées. La prise en main des tablettes est très intuitive. Les élèves s’approprient très rapidement ce nouvel environnement. La qualité et la rapidité des productions élèves obtenues sur tablettes sont surprenantes. On constate que tous les items de la compétence 4 du socle commun sont accessibles plus simplement grâce à ce nouvel outil.

L’utilisation de ces tablettes nous a également permis de créer des situations de différenciation pédagogique en permettant à chacun de travailler à son rythme, a permis aux élèves d’acquérir de l’autonomie, de travailler ensemble, de produire des ressources multimédia pour rendre compte de leur travail. La réalisation d’enregistrements sonores par les élèves, nous a semblé très intéressante pour l’évaluation de nos élèves « dys » et de tous ceux pour qui le passage à l’écrit pose problème. Cela a été l’occasion de tester la réalisation par les élèves de cahiers de classe numériques accessibles par tous les élèves et regroupant les contenus du cours (aux formats audio et écrit), des photos ou vidéo d’expériences (que les élèves n’ont pas dans leur cahier). La réalisation de ces cahiers a permis de travailler avec certains élèves la rédaction ou la lecture, et de remédier à certaines notions. Toujours, pour les élèves « dys », les applications de reconnaissance vocale et de reconnaissance d’écriture sont aussi une vraie plus-value.
Cette expérimentation a également été l’occasion de comparer deux systèmes d’exploitation IOS (Apple) et Android (Acer) avec chacun leurs avantages et leurs inconvénients. Plus que le système en lui-même, il nous est apparu qu’une utilisation de tablettes pour la classe nécessite une gamme assez élevée. En effet, les modèles d’entrée de gamme, conçus pour naviguer sur Internet et consulter les mails, ont des qualités photographiques et sonores (microphone) très mauvaises et présentent des bugs dès que l’on souhaite réaliser un document multimédia. Après avoir testé ces modèles, ils ne nous paraissent pas adaptés à une utilisation en classe avec les élèves. Une taille d’écran minimale de 10 pouces semble nécessaire notamment si les élèves sont à deux ou trois par tablette.

La tablette, comme pour chaque apparition de nouveaux outils numériques, contribue à développer les usages du numérique en s’inscrivant à la fois dans le plan national visant à faire "entrer l’école dans l’ère du numérique" et dans celui académique dont l’axe 2 est "former un élève connecté et participatif". Dans un cadre scolaire, par sa mobilité, sa proximité par rapport à l’utilisateur et son mode de fonctionnement tactile, elle ouvre de nouvelles perspectives. Elle participe au mouvement vers la simplicité et facilite l’accès aux ressources grâce notamment à l’ergonomie du système d’exploitation. Elle offre également la possibilité de différencier plus aisément les activités et de prendre ainsi en considération les difficultés rencontrées par certains élèves.

Frédéric Sabaté et Laurent Levasseur